Chaque été depuis 34 ans, les mélomanes se ruent dans ce petit village au soleil où, après avoir traversé l’allée de platanes et de séquoias centenaires, ils arrivent devant cette impressionnante scène nichée entre les arbres et comme posée sur l’eau.

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L’an dernier, j’ai eu la chance de pouvoir découvrir de l’intérieur durant quatre mois lors d’un stage  dans le cadre de mes études universitaires, au sein du service communication, ce magnifique festival – autant pour le charme de sa musique que celui de son cadre ou encore de son équipe.

Même si la musique classique est à l’honneur, ici tout est déplacé… .

On ose s’aventurer élégamment sur les chemins ou plus décontracté pour d’autres. On vient également avec son panier pour un pique-nique dans l’herbe en attendant le tintement du signal du commencement.

Si le piano est aussi le roi dans ce festival, il est chouchouté – transporté vers la scène en tracteur, tout comme ses pianistes – qui peuvent essayer 3 à 4 pianos pour déterminer celui sur lequel ils joueront ce soir-là.

C’est également un festival où l’on croise, de manière très naturelle mais étonnante, les artistes en passant derrière la scène, à la fin des concerts comme à l’entracte.

Si l’exigence artistique est au rendez-vous, c’est une ambiance plus légère et festive qui est recherchée. Il y a également un air de vacance qui plane vraiment dans l’air. On respire l’été à plein poumons… .

Et quel plaisir de pouvoir écouter la musique en extérieur, au beau milieu de la nature !, de la flore et de la faune.. (petit clin d’œil à l’équipe de la com’, qui avait bien rit alors que j’écrivais ces mots, me disant que je ne pouvais pas dire cela, « ce n’est pas une réserve naturelle non plus… ! »). En tout cas, musiciens, comme spectateurs, sont séduits par ce mariage de musique et de chant des cigales (ah que serait un été en Provence sans le son de ses cigales...).

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Ce festival a aussi la particularité de durer tout un mois, de quoi avoir alors le temps d’être submergé dans la musique !

Cet été, je me suis donc moi aussi empressée de retrouver la magie de ce lieu, l’agréabilité de son équipe et la quiétude de sa musique – dimanche dernier, assise dans les gradins durant le concert, je me suis mise à penser qu’on s’y sent vraiment déconnecté du grouillement de la vie.

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Cette nouvelle édition s’est achevée dimanche dernier… . Le moment est alors venu pour moi de vous parler des trois concerts auxquels j’ai assisté.

Tout d’abord, celui du Big Phat Band dirigé par Gordon Goodwin le 8 aout 2014 :

Du jazz… car si ce festival est à dominante classique, vous y trouverez aussi de l’éclectisme avec notamment beaucoup de jazz, mais aussi un mélange des arts (danse, peinture, récitants… selon les années) ou encore des concerts adaptés pour venir avec vos jeunes enfants, et même de l’extravagance comme c’était le cas l’an dernier avec la présence de l’étonnant groupe le Shibusa Shirazu Orchestra .

Le Big Phat Band venu de Californie, nous a présenté son histoire du Big band narrée par son charismatique chef d’orchestre, in English of course. Un agréable moment à l’écoute de composition de Goodwin lui-même, mais aussi de Miller, Porter, ou encore Count Basie. Ils alternaient entre concert – avec Goodwin au piano – et des anecdotes sur le big band, leur manière de reprendre un répertoire et de se l’approprier grâce à l’interprétation ou le choix d’un tempo… .

Gordon Goodwin’s Big Phat Band – Sing Sang Sung

 

Puis celui de la pianiste Alice Sara Ott avec I, CULTURE Orchestra le 12 aout 2014 :

L’orchestre composé de très jeunes musiciens a démarré en nous jouant une danse slave de Dvorak.

Puis est arrivée la ravissante Germano-japonaise Alice Sara Ott, qui du haut de ses à peine 26 ans ressortait toute en élégance dans sa robe rouge qui contrastait avec le strict noir et blanc des artistes. On a ensuite pu observer la grâce de ses mains sur le clavier tandis qu’elle nous interprétait le magnifique concerto pour piano et orchestre n°1 en mi bémol majeur de Lizst.

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C’est l’orchestre qui a achevé le concert avec un extrait du ballet Spartacus de Khatchatourian.

 

Et pour finir, le pianiste Lukas Geniusas avec l’Orchestre Symphonique Tchaïkovsky de MoscouAndris Poga à la direction le 17 aout 2014 pour la soirée de clôture de cette 34ème édition :

Lukas Genuisas est rentré en scène pour nous jouer le concerto pour piano et orchestre n°2 en ut mineur opus 18 de Rachmaninov : une œuvre très lente et douce, sur une nuance piano et délicate parsemée de forte majestueux. Les notes glissaient sous ses doigts, scintillantes… .

Un bis plus rapide – Before exam de Arzoumanov – nous a permis d’appercevoir davantage sa technique mais aussi sa grande expressivité !

L’orchestre a conclu seul ce concert avec la symphonie n°4 en fa mineur opus 36 de Tchaïkovsky. On pouvait alors observer les mouvements ambles et gracieux du chef d’orchestre sur les mouvements lents ou encore le pizzicato des cordes, au troisième mouvement, qui dans un tempo rapide jouaient à main levée dans un mouvement presque guitaristique.

On est resté cependant un peu deçu par le bis, qui a été seulement une reprise du troisième mouvement de cette symphonie, et non un autre morceau de leur répertoire. Ce qui est un peu dommage pour une soirée de clôture.fip3

J’espère vous avoir donné envie de découvrir ce festival, d’aller vous prélasser au beau milieu de la verdure entouré de musique !

Et vous, quels sont vos souvenirs au Festival International de Piano de La Roque d’Anthéron ?

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