Dans ce roman de Jean-Michel Guenassia, on suit l’histoire de Michel Marini, un jeune adolescent qui dévore les livres – qui lie même en marchant et en traversant une route –, amateur également de belles photos et de Rock’n roll ; ce qui est très agréable.

Il passe également son temps dans un bar à jouer au baby-foot entre copains (avant de découvrir ce qui se cache dans celui d’en face), dans la salle d’un petit cinéma qui diffuse uniquement des films en version originale (que Sacha lui a fait découvrir parce qu’il n’est pas cher), ou encore à écouter à fond des vinyles de rock avec son meilleur ami.

87831009_oOn suit donc ses passions artistiques mais aussi son évolution, ses histoires de familles – les disputes de ses parents, leur divorce, les visites de la famille qu’on supporte tant bien que mal, son frère parti à la guerre d’Algérie puis qui a pris la fuite… – ,

ses amitiés – avec Cécile qui passe son temps enfermée chez elle, qui mange très peu et l’oblige à courir avec elle quel que soit le temps, avec Pierre qui l’appel « petit con » lors de ses correspondances, lui aussi parti en Algérie mais sans avoir oublié de lui léguer avant cela toute sa collection de vinyles, avec les membres du club des Incorrigibles Optimistes (dont font partie Sartre et Kessel) avec qui il s’exerce aux échecs, découvre peu à peu leurs histoires, assiste à leurs querelles d’un temps passé… , et avec Sacha qui le pousse à travailler ses techniques photographiques – ,

mais aussi sa rencontre amoureuse rocambolesque.

On sourit devant les bizarreries des personnages qui l’entourent.

L’écriture est à deux vitesses : parfois au présent sous le regard de Michel et parfois dans le passé soviétique. On y apprend alors un peu plus sur l’histoire des réfugiés politiques Russes (dont font partie l’ensemble des membres du Club des Incorrigibles Optimistes), de leurs difficultés à se reconstruire une fois en France, et sur les trafics réalisés par le pouvoir en Russie.

J’ai beaucoup aimé la fin qui nous révèle beaucoup de choses après nous avoir laissé dans l’attente de davantage de compréhension pendant tout le roman. J’aime beaucoup ce style de fin qu’on ne devine pas d’avance et où tout devient plus clair une fois le roman refermé.

On est également plongé dans un Paris qui nous est montré très beau et dont on a l’impression d’en découvrir des endroits, des détails… connus uniquement des familiers.

 

Ce livre reste une agréable lecture très bien écrite, même si, je ne saurai dire pourquoi, cela m’a parfois déplu qu’il soit sous le regard d’un jeune adolescent.

De plus, il est à lire en faisant abstraction du titre : j’ai été déçu par ce titre très évocateur qui me faisait plus rêver que ce qu’est le livre en réalité. J’espérais trouver un club très joyeux, remplie d’optimiste et de joie de vivre, un peu comme le Hall de Jimmy’s Hall. Ici, il s’agit simplement d’un club d’échec, antre de réfugiés nostalgiques et résignés à avoir une vie qu’ils n’ont pas souhaitée, obligés de devoir quitter leur famille dont ils n’ont plus jamais eu de nouvelles. Un monde d’hommes, un lieu où ils peuvent se retrouver entre eux – des êtres qui désormais ne se sentent pas davantage chez eux en France qu’en Russie.

Je l’apprécierai surement davantage lors d’une seconde lecture.

Je vous recommande cependant de le découvrir, mais sans vous attendre donc à un livre gorgé d’entrain ou d’espoir… .

 

Si vous l’avez déjà lu qu’en avez-vous pensé? Et quel est votre ressenti par rapport au titre?

3coeursetdemi

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