Une fois encore Eric-Emmanuel Schmitt m’a séduite. J’ai beaucoup apprécié l’été dernier être accompagnée en voyage avec ses histoires mêlées de La femme au miroir. Si je n’avais que trop peu aimé son recueil de nouvelles La rêveuse d’Ostande, je me suis réconciliée avec l’auteur à la lecture des nouvelles de son recueil Les deux messieurs de Bruxelles… .les-deux-messieurs-de-bruxelles-2981523

A leur lecture, je ne me suis pas ennuyée une seconde, elles ont toutes, vraiment, un côté fascinant qui nous tient en haleine et nous donne envie de savoir la suite. La nouveauté de l’auteur (du moins à ma connaissance) est de trouver à la fin du recueil un journal personnel au sein duquel il nous narre l’évolution de sa pensée créatrice. J’ai beaucoup aimé lire ces quelques lignes qui nous en disent plus sur la façon dont l’auteur a forgé ses histoires. Et quelle a été ma surprise de constater que les nombreuses histoires, que je croyais trop extravagantes pour ne pas être montées de toutes pièces, sont en fait bel et  bien inspirées de faits réels.

Si ces nouvelles sont toutes différentes, on retrouve vraiment un fil conducteur qui fait qu’elles ont leur place dans un même recueil. Elles parlent toutes d’amour mais sous ses différentes formes, avec la bizarrerie et la complexité dont l’amour est fait. Elles nous font réfléchir, elles nous questionnent… également, chacune à leur manière et sur des sujets différents.

 

 

La première nouvelle – Les deux messieurs de Bruxelles traite d’un sujet d’actualité, celui du mariage homosexuel et de leur impossibilité à fonder une famille biologique, mais de façon très originale ! L’attrait de cette nouvelle est aussi de comparer un couple homosexuel et un couple hétérosexuel, de quoi se questionner sur nos différences hommes-femmes et les difficultés que l’on a parfois à se comprendre et se correspondre.

La seconde – Le chien est celle qui m’aura le plus touchée pour son magnifique texte qui explique comment un chien a redonné gout à la vie à un homme et la capacité de croire encore en l’humain après avoir subi les horreurs de la déportation. Sans tout vous dévoiler, il ne s’agit pas d’une simple histoire d’amitié entre homme et animal, mais bien d’une vraie leçon d’humanité que nous narre ici Eric-Emmanuel Schmitt.

La troisième – Ménage à trois est celle qui m’a le plus faire rire ! Dans cette nouvelle tout se joue dans cette fin grandiose. Une femme après la perte de son mari se remet en concubinage avec un homme qui s’intéresse plus au travail de son défunt mari qu’à elle-même, un homme qu’elle a toujours jugé être un piètre compositeur sans intérêt. Alors qu’ils viennent de se marier, son mari lui dit de garder les deux noms, c’est à alors qu’est dévoilée la vérité que cette femme ne pouvait peut-etre pas présager à cette époque-là (bien que son compagnon l’ait ressenti) mais qui à nous, contemporains, nous paraît, avec les yeux de notre époque, invraisemblable qu’elle l’ait renié.

La quatrième – Un cœur sous la cendre est la plus dure. Elle parle des dons d’organes en soulevant indirectement des questions telles que : Est-ce que si je te donne un de mes organes tu deviens alors un peu moi ? ou est-ce que cette partie de mon corps, sans mon âme vivante, n’a plus aucun rapport avec le moi vivant?, Est-ce que lorsque l’on meurt, notre corps n’est plus nous (ou du moins ce que l’on a été)? ou encore Est-ce qu’une personne doit mourir pour qu’une autre vive?

La dernière nouvelle – L’enfant fantôme est assez dure aussi. Elle parle de la difficulté de faire le choix de garder l’enfant ou d’avorter lorsque l’on apprend qu’il possède une maladie rare, et de la difficulté de continuer à s’aimer au sein du couple lorsque l’on a fait le choix de ne pas garder l’enfant.

 

J’espère que vous découvrirez ce beau recueil !

Si vous l’avez lu qu’en avez-vous pensez ? Et appréciez-vous les œuvres et la pensée d’Eric-Emmanuel Schmitt ?

3coeursetdemi

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