Une jolie découverte mêlant saga familiale et musique. L’histoire est très rocambolesque, et pleine de retournements inattendus. Un livre vraiment prenant, plus les pages défilent plus on a hâte de découvrir la suite !

Et pour cause, on ne s’ennuie pas une seconde tellement il regorge d’intrigues. A la fois, histoire de famille unie malgré tout, histoire de la vie d’un petit village italien où tout le monde se connait, histoire d’amour impossible mais aussi roman de la passion musicale, de celles qui vous prennent aux tripes… . Le tout sous fond d’Italie rurale, d’un Milan resplendissant ou encore d’un Marseille décrit comme insalubre, et même de champs de bataille… nous sommes au début du XXième siècle.

Mais bien avant de se passionner pour l’histoire, c’est le style qui nous enthousiasme, dès les premières lignes. Il est vraiment très bien écrit.

« Puis trois garçons qui lui ressemblent à en faire pâlir d’envie n’importe quel copiste sorti des Beaux-Arts. » « Sur le dernier rang se sont étalés d’autres villageois ; quelques vieilles encore alertes qui n’auraient raté la noce sous aucun  prétexte »

Les émotions alternent quant à elles entre rire et compassion. Les personnages, pour lesquels on finit par s’attacher, ont tous un caractère bien trempé rendant les situations plus cocasses les unes des autres : du père rustre à la vieille dame reconnue pour ses nombreux amants en passant par le voisin opportuniste et la grand-mère italienne acariâtre. Sans oublier la douce Ofelia et les jeunes avides de découvertes.

On y suit Marzio, sa famille, les habitants du village italien San Catello et ses étranges visiteurs. Tandis qu’à San Catello on y vit en grande partie de la terre, un ingénieur, en échange d’un peu d’aide, va leur prédire une grande fortune venue de la pierre… . Va alors s’ensuivre tout un périple pour trouver la richesse clamée… mais à quelles conditions !? Voilà comment débutent les grands chamboulements amenés dans ce paisible village. Et alors que le père s’acharne à transformer son terrain en champs de mines et que tous misent leur espoir sur cette prédiction, Marzio rêve d’autre chose : s’échapper grâce à la musique… .

Côté musique, c’est un plaisir de lire de tels passages, très détaillés et de façon très poussée. Sont conviés de nombreux contemporains de l’époquel’histoire se déroule début XXième. L’auteur est un connaisseur ou est très documenté.

« Ravel a souhaité ce mécanisme sophistiqué sensé reproduire le son d’un cymbalum à partir d’un piano pour l’interprétation de sa Tsigane » (Ravel ou encore Liszt sont en effet allés enregistrer la musique populaire tsigane, dans une idée de conservation tout d’abord, puis ils ont souhaité retranscrire des éléments musicaux dans leurs compositions, dont notamment transposer le jeu du cymbalum sur piano).

« Marzio aurait aimé lui raconter les plus talentueux, lui expliquer les harmonies de Ravel, les mélodies de Fauré. Il aurait voulu lui clouer le bec avec la démarche et les compositions de Varèse, le génie de Stravinsky. Il ne lui vient à l’esprit que la déroute financière de Satie et les délires mystiques de Scriabine. »

L’histoire se déroule en Italie mais il est amusant d’y trouver des descriptions d’une ville de ma région natale, Marseille – l’auteur est d’ailleurs marseillais -, ou encore de Nogent-sur-Marne, une jolie ville que je connais bien désormais se trouvant à deux pas de chez moi.

 

 

Je me languis maintenant de découvrir la suite !, puisque l’auteur n’a pas écrit un, ni deux, mais trois tomes pour cette belle aventure… .

 

 

 

Et profitez-en pour écouter la magnifique Tzigane de Ravel ! notecuivree

0