Les chemins de la Chartreuse De saint Bruno à Balzac est une jolie lecture qui nous amène à la découverte du massif de la Chartreuse. Le récit s’étend sur près de neuf siècles, de la recherche d’un territoire désert par le moine Saint Bruno souhaitant s’isoler du monde à son développement et exploitation par l’homme, puis à sa renommée en faisant un lieu touristique.

Ce que j’aime avec la masse critique de Babelio : contribuer à sortir de mes habitudes et découvrir des œuvres littéraires vers lesquelles je ne me serais peut-être pas tournée en priorité, et souvent cela se révèle être une belle surprise.  Au final, je me régale tout autant à lire de tels ouvrages que des romans, il faut vraiment que je m’y intéresse plus sérieusement !

Mais pour cela, il faut dire que si j’ai vraiment apprécié cette lecture, c’est grâce à deux aspects : cette œuvre est très agréable à lire puisqu’elle est très bien écrite et se lit presque comme un roman historique ; tout en étant en même temps exposée tel un document de recherche très détaillé appuyant ses propos surs de nombreuses citations, en faisant un ouvrage très intéressant apportant de nombreuses informations.

L’auteur présente son œuvre sous le joli descriptif de « promenade littéraire » mais l’ouvrage, composé en chapitres portants chacun sur un sujet différent (toujours autour de la Grande Chartreuse), se révèle être encore plus que cela. La quatrième de couverture souligne d’ailleurs joliment « Cette balade littéraire et humaine, pleine d’anecdotes savoureuses, nous permet de découvrir d’une autre façon ce beau parc naturel régional de Chartreuse. »

 

 

Il nous y est narré l’installation du moine Saint Bruno dans une Chartreuse alors déserte, l’évolution de l’édifice – le monastère – La Grande Chartreuse, le développement des différents chemins – pour transporter le bois, chemin de commerce, chemin touristique, chemin difficile d’accès… – et ainsi l’importance des chemins pour développer un territoire, les nombreux auteurs qui sont venus en Chartreuse et qui ont écrit à son propos, comment Louis XIV a participé à la déforestation de la montagne pour faire planter des arbres déjà grands dans les jardins de Versailles, différentes descriptions de la Grande Chartreuse – le massif et le monastère – parfois élogieuse parfois décrivant un lieu effrayant et en piteux état par différents types de visiteurs, l’éclosion des différents guides de la Grande Chartreuse, les conditions de vie et de travail de ses différents habitants… et bien d’autre encoreil y a tant à découvrir qu’une seule lecture ne suffirait pas à tout emmagasiner –.

 



Cette lecture fût vraiment agréable d’un bout à l’autre. Certains passages m’ont plus marqués que d’autres, bien sûr, bien que dans l’ensemble tout soit intéressant à découvrir.

J’ai beaucoup aimé le chapitre vantant les plaisirs de la marche.
« Il était réservé à Jean-Jacques Rousseau de faire connaître à ses contemporains la noblesse de la marche. Marcher dans les villes et les  villages de l’Ancien Régime est une pratique pénible, souvent dangereuse, réservée au peuple. […] Ce que l’on trouve sous sa plume, c’est tout d’abord une célébration de la marche en pleine nature. »

Encore un passage intéressant : la découverte d’un « livre d’or » dans le monastère recensant ses nombreux visiteurs et sa variété. « Des noms souvent aristocratiques et des inscriptions dans toutes les langues […] quelques peintres français […]. Nos deux visiteurs ont rassemblé, non sans humour, les remarques des visiteurs, et parfois leurs commentaires (« mauvais ! mauvais ! ») ; et ils ont recopié les meilleurs poèmes, plus de quarante au total, et on s’étonne de voir tant de textes en vers latins ou français ou anglais, souvent très bien tournés, et signés par des étudiants, des avocats, des pasteurs, des commerçants, des pharmaciens, des botanistes, et même par trois villageois qui s’expriment en dialecte franco-provençal. »

L’ouvrage est également agrémenté de plusieurs images ou cartes en noir et blanc venant illustrer les propos. Seul petit défaut, j’ai trouvé qu’elles ne sont parfois guère lisibles ou trop sombres et perdent donc de leur intérêt, c’est dommage.

 

Une œuvre que je relierai donc à nouveau avec plaisir !

 


 

 

Un grand merci donc à Babelio et aux éditions Presses Universitaires de Grenoble ! Cela fait toujours plaisir de recevoir un tel joli ouvrage dans sa boîte aux lettres !

 

Avec l’ « amusante » mention « Service de presse », hihi, j’adore.

 

 

0