On est nombreux à connaître le génie du jazz manouche Django Reinhardt – aussi idolâtré suite à un incendie l’amenant à perdre l’usage de deux doigts de la main gauche et ainsi à personnaliser son jeu guitaristique -, ce guitariste virtuose français d’origine tzigane du début du siècle dernier ; moins je pense à admirer son acolyte tout aussi talentueux, le violoniste français  Stéphane Grappelli.

 

Un duo reconnu comme étant à l’origine du genrele jazz manouche -.
Un style caractérisé par son swing, son rythme marqué, son rythme hors des temps, ses notes glissées… .
Ensemble, ils composèrent plusieurs morceaux
et improvisèrent sur de nombreuses autres œuvres.

Parmi celles-ci : le Concerto en ré mineur pour deux violons de Jean-Sébastien Bach.

 

Bach, compositeur baroque, est l’un des compositeurs que j’affectionne et admire le plus. Sa régularité rythmique créant un côté incessant, sa musique de caractère, sa sonorité… .

Quant au concerto en ré mineur pour deux violons de Bach, pas forcément la plus belle œuvre de Bach (ou du moins l’ai-je peut-être trop entendu) mais un classique incontournable par lequel tout violoniste est passé – !? –, du moins c’était le cas dans mon école de musique.

  

 

J’ai découvert le duo Reinhardt et Grappelli petite mais n’avais pas encore connaissance de cette interprétation. Quand je l’ai entendu bien des années plus tard, elle s’est alors associée à nombreux souvenirs. Et alors que – comme dit plus haut – j’en ai un peu marre de l’écouter, c’est un régal de la découvrir sous un nouveau genre, sous le style propre de notre duo.

Pour cette œuvre, Eddie South – violoniste américain de jazz swing qui découvrira en Europe la musique tzigane – donne la réplique à Grappelli pour ce concerto pour deux violons.

 

 

On a donc d’un côté une musique avec un rythme plutôt  carré, presque aucune fioriture  – pas de vibrato sur une œuvre de Bach (sur une œuvre baroque) dit-on !, enfin du moins si l’on voudrait rester fidèle au style de l’époquemais non dénué de caractère pour autant, voilà le génie de Bach ; et de l’autre une musique qui use des effets de style (vibrato, glissando…), un rythme qui swing, qui déstructure les rythmes (en rallongeant ou diminuant leur durée) enlevant ainsi leur côté trop carré… . Deux styles différents mais pas si opposés – comme le jazz, le baroque partage le goût de l’improvisation ou encore le contretemps – ne pas attaquer une note sur le temps – (avec l’usage de syncopes chez Bach) et surtout le rythme a une place prépondérante -, pas si surprenant que le mélange des deux va tellement à merveille. Le trio a alors fait sortir Bach des rangs, de son côté très carré… ils ont apporté de l’extravagance à Bach.

 




On perçoit parfaitement le thème au début, puis à partir de 50 secondes ils partent en improvisation et on reconnait alors bien leur patte, surtout à partir d’1 minute 10. Commence alors à ce moment-là à opérer la magie : le mariage de deux grands univers.

 

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