Berlin 56 est une série que j’adore pour ses idées humanistes en étant contestataire de normes établies, son héroïne attachante et à laquelle on a envie de s’identifier, pour la présence du style rock à ses débuts … .

Elle prend pour décor l’Allemagne d’après-guerre. On y suit une famille dont la mère dirige une école de danse et vit avec ses 3 filles. L’une d’elles, Monika, est surtout mise en avant pour son refus de la rigidité de la société – une société qui enferme l’humain dans des cases et attend de ce dernier qu’il coopère docilement sans broncher – : elle tient tête à sa mère, ou à toute personne se mettant sur son chemin, refusant de se marier par convention, refusant de devoir être simplement « convenable » comme lui dicte sa mère … .

 

Si elle a toujours été un peu en rébellion, anticonformiste … c’est surtout sa rencontre avec Freddy et sa musique qui sera l’élément déclencheur.

On apprécie donc de voir son évolution : alors qu’au départ elle n’a pas l’impression de faire partie de ce monde, elle ne le comprend pas … elle prend au fur et à mesure de l’assurance, clamant ce qu’elle vaut et qui elle est !

Si sa mère enseigne des danses de salon qu’elle considère tout aussi convenables que l’éducation qu’elle veut donner à ses filles, Monika préférera et y excellera le rock’n roll ! Un moyen de sortir un peu des rangs et puis de reprendre le contrôle de sa vie … . Ce qui ne sera pas sans déclencher les foudres de sa mère, une fois de plus, évidemment.

C’est un style que j’affectionne beaucoup – aussi bien musicalement que pour le vent de liberté et anticonformiste qu’il véhicule –, j’étais donc ravie de le retrouver, aussi bien pour la musique qu’avec ses danses impressionnantes.

 

 

Cette série traite donc de la place des femmes dans la société, dont la situation au début de la seconde moitié du siècle dernier, mettant en lumière le manque de liberté et de considération : on estimait que les femmes n’avaient pas besoin d’étudier, le choix d’un mari devait être dicté par la raison afin de leur apporter une bonne situation, des maris dont elles devenaient dépendantes, ou encore en évoquant des sujets tels que la violence conjugale, la façon dont une femme était considérée si elle devenait une femme divorcée, si elle avait un enfant hors mariage … .

J’ai donc failli mettre « féministe » dans le titre mais j’ai préféré « humaniste » car au-delà d’être un plaidoyer pour les droits de la femme, cette série traite d’un autre sujet tout aussi outrageant, les violences faîtes aux homosexuels, accusant une fois de plus les mœurs de l’époque, le fait que c’était considéré comme contre nature, le traitement qu’on leur infligeait notamment pendant la guerre mais aussi après celle-ci … .

C’est donc une société malade qui nous est dépeinte …, une société qui, comme si ça ne suffisait pas, fait même la chasse aux « hystériques » qu’elle tente de soigner à coup d’électrochocs … . On y découvre également quelques secrets – que certains personnages comptent bien garder précieusement caché justement -, des personnes qui se sont servies des horreurs de la guerre pour s’enrichir ou attirer les faveurs de quelqu’un … .

Une série qui nous tient en haleine, une série intéressante historiquement, qui nous rappelle que cela ne date pas d’il y a si longtemps ; une situation dont il faut continuer à parler pour ne pas oublier et pour surtout pas revenir en arrière … .

On s’attache beaucoup au personnage de Monika, autant qu’on l’admire, mais aussi aux autres personnages – dont je vous laisse le soin de les découvrir, vous vous doutez bien que si Monika a tiré son épingle du jeu, il n’en va pas autant de ses sœurs … -.

Quant à la mère, bien que détestable pour sa rigidité, elle paraît parfois tout aussi drôle de par son conservatisme, son déni de voir le monde avancer … .

Si le sujet est donc assez fort émotionnellement, cela n’empêche pas la présence de scènes de danses rock’n roll qui sont réellement vraiment chouettes et de sentir planer dans l’air une soif ardente de liberté.

Puis si vous aimez le style rétro, vous apprécierez donc aussi l’ambiance, le style vestimentaire … ou encore les équipements musicaux de l’époque !

 

Il s’agit en réalité d’une mini-série de 6 épisodes par saison. La saison 1 a été diffusée par Arte l’an dernier tandis que la saison 2, « Berlin 59 » – qui se passe donc 3 ans plus tard –, a été diffusée en Allemagne en mars dernier. J’y ai déjà jeté un petit coup d’œil, j’ai maintenant hâte qu’elle soit traduite !

 

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