HEY, DIS-MOI, QUELLE MUSIQUE TE FAIT FRÉMIR !?

Si tout le monde connaît le Reggae, ou du moins en a entendu parler, peu – j’imagine – soupçonne l’existence de son ancêtre le Ska (qui je vous rassure est toujours parmi nous).

Si je n’ai jamais été attiré par les rythmes lents et planants du reggae, le Ska m’a de suite séduite.

Chacun d’entre nous est comme ensorcelé par des sons en particuliers, ils nous attirent plus que d’autres, on ne sait pas forcément pourquoi mais ils nous parlent, nous semblent familiers et on s’y reconnaît… . Une pépite (ce mot, que je ne trouve pas forcément beau, mais qui me semblait le plus proche de ce que je ressentais) symbolise pour moi quelque chose qui nous fascine, nous est précieux, une découverte qui peut être minuscule, pas forcément parfaite… mais qui vaut pour nous tout l’or du monde.

 

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© Barrio populo.fr

 

J’ai découvert le ska sur le tard, j’avais 17 ans. C’était un soir d’été et j’avais le moral dans les chaussettes ; j’ai suivi ma mère et l’une de ses copines à un concert en plein air (sans avoir vraiment regardé la programmation). C’était sur une petite place de Provence à Saint-Chamas, pour le festival l’Étang d’Art. Tandis que les groupes de rock se succédaient, les derniers musiciens à monter sur scène se sont démarqués par leur musicalité, leur rythme, leur humour.. et l’ambiance qu’ils dégageaient. En discutant avec une personne présente dans le public, nous apprenions que c’était du Ska. Je suis sortie de ce concert éprise « de nouveau » de passion pour la musique, me disant en quelque sorte qu’il n’y avait pas de quoi se morfondre, tant qu’elle sera là ça ira (je suis un peu plus explicite à ce sujet par ici). Depuis, j’aime énormément ce style et je me suis beaucoup intéressé à lui. Cependant, pour moi, il s’agit d’un style qui se vit en concert ; j’en écoute très peu chez moi mais j’adore l’ambiance qu’il dégage en live.

 

MAIS QU’EST-CE DONC QUE LE SKA ?

Le Ska est avant tout né d’un mélange d’influences musicales.

Tout commence en Jamaïque dans les années 50, sous colonie anglaise. Tandis que la musique locale est le Mento, une musique populaire accompagnée de danse libre et très liée aux rituels, la radio capte des ondes de Miami : on y entend du Jazz et du Rymth’n blues. Ces sonorités suscitent l’engouement des Jamaïcains qui vont œuvrer pour les mêler à leur musique.

Puis les 45 tours, les sonos et le Rock’n roll apparaissent en Jamaïque, et avec eux fleurissent des sounds systems, des fêtes où l’on vient se déhancher. Une fois encore, les Jamaïcains s’y intéressent et veulent se l’approprier. Tels de brillants inventeurs dans leur laboratoire (ici c’était surement davantage sur une plage au soleil, j’imagine…), ils mêlent les sons, font exploser le rythme… et en arrivent au ska. Ce qui est un réel succès, tout le monde est euphorique à l’idée de danser sur ce nouveau son.

En ce qui concerne les musiciens qui ont fait émerger le style : The skatalites est reconnu comme précurseur dans la création et la popularisation du ska.

Si le Ska connaîtra un tel succès en Jamaïque, c’est également car il apparaît à une époque où le pays acquière l’indépendance (1962). Le ska y sera alors associé et sera un symbole de joie, d’optimisme et de renouveau.

Tout ceci fait du ska une musique festive et énergique, conçue dans l’idée d’être écouté en live.

 

POURQUOI J’ADORE LE SKA ?

Pour ses sonorités rythmées et son abondance des cuivres associée au trio guitare/basse/batterie, et maintenant couplée aux sonorités électriques. Mais on peut aussi y voir des pianistes, violonistes, accordéonistes… . Ils sont souvent très nombreux sur scène et ils mettent une ambiance de folie.

Mais aussi pour sa recherche de l’originalité, de se démarquer, son envie de s’amuser, son côté un peu déjanté, un peu décalé, « qui ose tout et n’a peur de rien, surtout pas du ridicule« .

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© Barrio populo.fr

 

LA MARQUE PARTICULIÈRE DU SKA : Un contretemps marqué sans relâche tout au long du morceau rend le Ska reconnaissable dès les premiers instants.

 

L’ÉVOLUTION DU SKA

Après l’indépendance, le pays sombre dans le chômage. Certains partent en Angleterre trouver du travail, d’autres subissent la pauvreté en Jamaïque et la jeunesse, appelée « rude boys », s’en prends aux plus aisés. Le Ska, qui au départ était uniquement instrumental, voit l’arrivée de paroles s’adressant aux jeunes pour apaiser les tourments. Nous sommes dans les années 65 et ce retournement vers les paroles va faire dériver le Ska vers le Rocksteady et le Reggae.

Le Ska verra cependant émerger une seconde vague dans les années 70, sur le sol britannique et sous l’influence Punk des Clash. La présence des Jamaïcains en Angleterre ne se fera pas sans heurts, des conflits éclatent et le Ska devient plus engagé, luttant notamment contre le racisme. A l’inverse, de jeunes anglais s’éprennent du style et font leur apparition dans les salles de concerts. Mais ce ne sera pas au goût des rude boys qui provoqueront de violentes bagarres ; le Ska n’a alors pas bonne figure en Angleterre et s’éteint petit à petit dans les années 85.

Cette foi-ci, ce sera The Specials (des anglais) à la tête de ce mouvement, créant même un label dédié au Ska appelé « 2-tone » et son célèbre damier noir et blanc.

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Dans les années 90, une troisième vague verra heureusement le jour, appelé aussi le Ska revival, qui perdure encore aujourd’hui pour notre plus grand plaisir ! Un véritable phénomène mondial, presque tous les pays ont leurs groupes de Ska, et il en existe pour tous les goûts : ska-core, ska-jazz, ska-punk, ska-po-swing … ou encore plus traditionaliste, appelé Old school, voulant garder l’esprit des années 60.

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Madness

 

Parmi mes préférés :

Barrio Populo, dont notamment leur morceau Ma liberté (Un magnifique arrangement de la chanson de George Moustaki).

As de Trêfle, un groupe que j’aime beaucoup, que j’ai adoré a une époque au point de l’écouter en boucle (c’était un album d’un enregistrement live évidemment) ; je vous en parle prochainement.

Un peu plus connu, vous avez surement déjà entendu Madness, sans vous douter que ce soit du Ska !?
Forever young
/ Our house

 

Pour finir, et pour vous donner un petit aperçu, quelques mots d’un retour de concert que j’avais écrit sur un groupe pas tout à fait Ska, qui ne se revendique pas comme tel non plus, mais dont les influences se ressentent et ils sont tout à fait dans l’esprit du style :

Boulevard des airs, un groupe découvert en concert – dont je n’ai jamais retrouvé par la suite, à l’écoute de leurs morceaux à la radio, ce qu’ils peuvent dégager en live (hors enregistrement live évidemment) :

C’était le 24 avril 2010 à l’espace Julien à Marseille.

jump-concert-live-tournee-bda-boulevard-des-airs_28Ils ont débuté par une entrée grandiose : le batteur a commencé en jouant seul devant nous, puis chaque musicien faisait à tour de rôle un saut sur scène avant de s’ajouter au morceau.

Le concert s’est ensuite enchaîné avec une sacrée énergie du début à la fin : ils sautaient, bougeaient… dans tous les sens, mais on apercevait à la coordination des gestes que tout avait été prévu !

Il y avait également un très très bon contact et implication avec le public.

Et à la fin, le concert se déroulant debout, les musiciens sont venus jouer au milieu du public.

 

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J’espère que cet article vous a plu, que vous ne connaissiez quand même pas tous le ska et que cela a donc été une belle découverte. En espérant que vous appréciez ses sonorités et son caractère festif ! :)

 

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