Samedi dernier, je suis enfin allée voir Danish Girl. Un film biographique qui relate l’histoire du couple de peintres Danoisles Wegener – et surtout celle de Lili Elbe (née Einar Wegener) : première femme (née avec un corps d’homme) à avoir subi plusieurs opérations destinées à être en accord avec soi-même.

Un film à la fois très touchant et bouleversant. On est en même temps heureux de constater que cette femme a eu la chance de rencontrer des gens qui l’ont soutenu, ne la considérant pas comme folle et l’aidant à garder/retrouver sa dignité, à se sentir enfin elle-même, pouvoir prendre conscience qu’elle a le droit de vouloir être (et d’être) elle-même… . Pour cela sa femme notamment, Gerda Wegener, était une personne sacrément remarquable, l’aimant profondément et voyant avant tout l’Être… ; elle a ainsi été présente dans chaque épreuve, jusqu’au bout.

 

 

Une fois encore la prestation d’Eddie Redmayne est exceptionnelle (j’adore cet acteur depuis que je l’ai découvert dans Une merveilleuse histoire du temps ; on peut dire qu’il ne l’a pas volé son oscar de « Meilleur acteur » l’an dernier). Il joue le rôle à merveille – il faut dire qu’il a en plus tellement les traits fins… –, il est vraiment très touchant qu’on croirait presque que l’on suit réellement son histoire à lui.

« The Danish girl », écrit à partir du journal intime de Lili Elbe, s’attache à mettre en lumière un sujet important très peu (ou trop peu !?) porté sur grand écran et je trouve formidable qu’un tel film puisse traiter d’un sujet qui mérite d’être rendu « familier ». J’avais très envie de le voir, et je ne peux qu’encourager à le visionner, ne serait-ce pour le soutenir, faire parler de lui… . Même si cela ne sera pas, malheureusement, miraculeux, toute belle initiative est un espoir de faire bouger, ne serait-ce qu’un peu, les mentalités.

J’ai trouvé le sujet plutôt bien traité, en mettant en scène de nombreux aspects des difficultés rencontrées par ces personnes au début du siècle dernier, et dont certaines ne sont malheureusement pas encore dépassées.

Là où je qualifierai le film de réussite c’est tout d’abord d’arriver à nous faire ressentir le vécu de Lili Elbe de « l’intérieur », mettant en avant ses questionnements, ses doutes ; montrant ainsi comment les pensées établies… arrivent à anéantir une personne, pouvant la pousser à se renier elle-même, ne sachant plus si ce qu’elle ressent est juste ou folie… ou comment certaines personnes se croient le droit de dicter la vie d’une personne… . Deuxièmement, comme je l’ai évoqué plus haut, la faculté à mettre en avant l’Être : ce qui nous constitue étant notre caractère, notre sensibilité, notre vécu… bien avant notre appartenance à un genre (nous avons tous de toute façon un côté masculin et un autre féminin, chacun à des degrés différents…).

Malgré le sujet pas très léger, le cadre apporte cependant un certain charme au film lui offrant une photographie superbe. La ville de Copenhague – avec son bord de mer, ses charmantes rues et ses maisons colorées –, les décors – les voitures des années 30, ateliers d’artistes, les intérieurs… –, ainsi que les habits d’époque… sont magnifiques.

  

On a également plaisir à être plongé dans l’univers artistique de l’époque à travers plusieurs vernissages et le travail du couple… . Même si ce n’est évidemment pas le sujet du film, c’est donc également l’occasion de découvrir les talents remarquables de portraitiste de Gerda Wegener.

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